Thessalonik, ça pulse!

Sur la trace d’Igor Rizzi apparaît en grec au milieu des films sélectionnés.
La ville d’Alexandre Le Grand rivalise de laideur avec Athènes. Des milliers d’immeubles délabrés de style HLM s’agglutinent pour former une cacophonie urbaine profondément déprimante, évoquant l’Allemagne de l’Est quand elle faisait un effort. A ce point là, la laideur devient intéressante, presque esthétique, et j’ai dégainé plus d’une fois mon appareil photo avec excitation. Pourtant une fois immergé dans cette cité, on se met à l’aimer et l’on comprend vite comment Angelopoulos a su tirer de cet endroit la poésie qui marque le Voyage d’Ulysse. Il faut dire que cet amas de béton qui s’ouvre sur la mer a quelque chose de grandiose, que les pétroliers qui bornent l’horizon sont fascinants, que la nourriture est délicieuse, que les organisateurs du festival sont formidables et que la jeunesse est dynamique, branchée et concernée par le bon cinéma. Avant les projections, on voyait le public potasser les guides présentant les films et les réalisateurs, c’était beau à voir. Les salles étaient pleines à craquer du matin et soir. En deux projections mon film a réuni plus de 500 personnes. Pas de doute, Thessalonik, ça pulse!
