Archive for janvier, 2007

Plan-séquence

Lundi, janvier 29th, 2007

Howard Hawks

On me dit souvent que j’ai tourné mon film en plans-séquences et en plans larges. De toute façon si on utilise le plan-séquence, mieux vaut éviter le gros plan, car du gros plan en séquence c’est la torture assurée pour le spectateur. Ceci pour dire que j’ai appris d’Howard Hawks que le plan-séquence à Hollywood a longtemps été un moyen de révolte des réalisateurs qui n’avaient pas le final cut. Autrement dit pour minimiser le pouvoir des monteurs, les réalisateurs évitaient le plus possible de découper leurs films. D’ailleurs, le sur-découpage s’est généralisé à partir du début des années 70, période à laquelle les réalisateurs ont acquis le final cut. Intéressant. Mais alors pour moi qui possédais le final cut et qui ai travaillé en plans-séquences, de quoi s’agit-il? Tout simplement d’une révolte contre les gros plans systématiques. Je cite à nouveau Howard Hawks, c’était en 1970 : “Je suis écoeuré par cette tendance de la télévision à tout filmer en plans rapprochés.”


Consécration

Lundi, janvier 22nd, 2007

google ig; rizzi

Si on m’avait dit le 1er février 2006 que le film que je commençais à tourner dans mon petit coin avec quelques milliers de dollars finirait moins d’un an plus tard en tête de la section “culture” de Google, j’aurais halluciné! …20 janvier 2007, une date qui restera gravée dans mon cybersouvenir.

Double affichage

Dimanche, janvier 21st, 2007

poster rizzi

Un ballon rouge qui flotte sur la neige et le visage intense de Laurent Lucas enfoui dans une large capuche : voici l’affiche qu’on trouve un peu partout dans Montréal ces jours-ci. Cette affiche me plaît car elle ressemble au film, elle est simple et la palette de couleurs est réduite au minimum. Le fond blanc, qui sert d’ordinaire à exprimer des comédies, fonctionne ici en contre emploi et apporte la touche d’ambivalence propre au film, autant que sa dimension hivernale.
Rizzi Jarmush

L’homme à la capuche polaire est ici plus menaçant. Torse nu, Winchester dans une main et choux vert dans l’autre, l’ex-footballeur lancé sur la trace d’Igor Rizzi s’affiche aussi en noir et blanc. Y’a du collector dans l’air…

Mon prochain défi

Samedi, janvier 20th, 2007

icestorm
Tempête de glace, Lake Genova, Wisconsin, 2005.

Mon prochain défi : tourner une comédie romantique en extérieur au Lake Genova dans le Wisconsin pendant la prochaine tempête de glace. Budget : 1500 dollars, format scope 70mm. Laurent Lucas m’a déjà donné son accord… Non, je plaisante, c’est juste que quand je regarde cette photo, d’abord je ris beaucoup, ensuite je me dis qu’en comparaison d’un tel délire mon fameux tournage en hiver c’était ambiance pastis et cocotiers. Je me dis aussi que le type qui a vu sa bagnole dans cet état là a dû avoir un léger problème pour aller au boulot.

You talkin’ to me

Jeudi, janvier 18th, 2007

Robert De Niro
Pendant trois mois, De Niro a arpenté New York by night dans la peau d’un vrai chauffeur de taxi (la coiffure est irrésistible!).

“You talkin’ to me”, la plus célèbre réplique du cinéma américain, fut improvisée par De niro sur le tournage. Dans le scénario, Schrader avait juste écrit : “Travis se parle à lui-même en se regardant dans la glace”. Ce qu’on ignore c’est le cauchemar enduré dans sa vie privée par De Niro à cause de ces quelques mots magiques. Pas un passant qu’il ne puisse croiser pendant des années sans qu’il ne lui inflige cette réplique avec un air complice, jusqu’à en vomir.

Secret de fabrication

Mardi, janvier 16th, 2007

stevie wonder

Les secrets de fabrication sont faits pour être révélés. C’est sur la chanson “Love’s In Need Of Love Today”, tirée de l’album “Songs In The Key Of Life” de Stevie Wonder que j’ai écrit le scénario “Sur la trace d’Igor Rizzi”. J’ai dû l’écouter plus d’une centaine de fois, elle agissait sur mon inspiration comme une drogue dont je ne pouvais me passer. Je peux affirmer que sans cette chanson l’histoire de mon film n’aurait jamais existé sous cette forme. Merci Stevie.