Archive for novembre, 2006

Les réalisateurs sont des barbus

Samedi, novembre 25th, 2006

coppola
Coppola

brian de palma
Brian de Palma

lucas
George Lucas

Norman Jewison
Norman Jewison

cameron
James Cameron

kubrick
Kubrick

ron howard
Ron Howard (on ne rit pas)

orson welles
Orson Welles

scorsese
Scorsese

mitrani
Noël Mitrani

leone
Sergio Leone

spielberg
Spielberg

terence malick
Terence Malick

peter jackson
Peter Jackson

Les plus grands réalisateurs sont des barbus, qui peut le nier? Quand j’aurai une minute je me pencherai sur une explication psychologique de ce phénomène. Bon d’accord Cassavetes n’était pas barbu, mais c’était aussi un acteur et Oliver Stone ne porte jamais la barbe, mais est-ce un grand réalisateur ?

Thessalonik, ça pulse!

Samedi, novembre 25th, 2006

Affiche Thessalonik

Sur la trace d’Igor Rizzi apparaît en grec au milieu des films sélectionnés.

La ville d’Alexandre Le Grand rivalise de laideur avec Athènes. Des milliers d’immeubles délabrés de style HLM s’agglutinent pour former une cacophonie urbaine profondément déprimante, évoquant l’Allemagne de l’Est quand elle faisait un effort. A ce point là, la laideur devient intéressante, presque esthétique, et j’ai dégainé plus d’une fois mon appareil photo avec excitation. Pourtant une fois immergé dans cette cité, on se met à l’aimer et l’on comprend vite comment Angelopoulos a su tirer de cet endroit la poésie qui marque le Voyage d’Ulysse. Il faut dire que cet amas de béton qui s’ouvre sur la mer a quelque chose de grandiose, que les pétroliers qui bornent l’horizon sont fascinants, que la nourriture est délicieuse, que les organisateurs du festival sont formidables et que la jeunesse est dynamique, branchée et concernée par le bon cinéma. Avant les projections, on voyait le public potasser les guides présentant les films et les réalisateurs, c’était beau à voir. Les salles étaient pleines à craquer du matin et soir. En deux projections mon film a réuni plus de 500 personnes. Pas de doute, Thessalonik, ça pulse!

La composition de l’image

Samedi, novembre 25th, 2006

Noel Mitrani à Thessalonik

Coucher de soleil à Thessaloniki, 19 novembre 2006

“Parlez-moi de la composition de l’image dans votre film”. A cette question d’un journaliste grec, j’ai répondu ceci : “Quand on compose une image, surtout quand on a un petit budget, ce qui importe ce n’est pas ce que l’on met dans l’image mais ce que l’on ne met pas”. Oui, c’est bien ça. La composition de l’image est le travail préparatoire à celui de la lumière et je me rends compte que dans mon film le cadre, les décors, la couleur des objets et des costumes sont le résultat d’une séléction intransigeante. Le sculpteur n’ajoute pas, il enlève, il va chercher son oeuvre à l’intérieur d’un bloque de marbre et il procède par retraits. Par exemple j’ai décidé de proscrire le vert artificiel, à l’exception du blouson porté par Pierre-Luc Brillant. Ainsi le vert de ce blouson se décolle au milieu d’une palette de couleurs qui tourne autour du beige, du blanc, du pleu pâle et du marron. Je me souviens que sur le tournage, je regardais dans l’œilleton de la caméra et qu’aussitôt je retirais un élément dans le décor : une poubelle au loin, une voiture trop flashy, un panneau, un bibelot, etc… Moins l’image contient d’éléments et de couleurs, plus elle est forte. Un réalisateur est une personne qui surveille le trop-plein, c’est comme ça que je considère la mise en scène.


Olivier Gourmet : mot de passe

Vendredi, novembre 24th, 2006

Avec Olivier Gourmet

Festival International du Film de Thessaloniki (Grêce), 19 novembre 2006.

- “Bonjour Olivier Gourmet, je suis Noël Mitrani, un ami de Laurent Lucas, je viens de faire un film avec lui… “

- “Laurent Lucas, ah oui c’est génial, je l’adore!! …Et c’est quoi le titre?”

- “Sur la trace d’Igor Rizzi”.

- “Igor comment?”

- “Igor Rizzi”.

- “Waouh, ça c’est cool comme titre!”

Maintenant vous le savez, le mot de passe pour approcher l’égérie masculine des Brothers Dardenne c’est le groupe de mots “Laurent Lucas”. Les deux acteurs ont joué ensemble dans Adieu d’Arnaud des Pallières et maintenant ils s’adorent mutuellement (parce que Laurent m’a dit la même chose d’Olivier)… Il y avait un autre mot de passe possible, c’était Philippe Falardeau, le réalisateur de Congorama, mais je le garde en réserve pour la prochaine fois.

Costa-Gavras : ça ne rigole pas

Vendredi, novembre 24th, 2006

Noël Mitrani & Costa-Gavras

Festival International du Film de Thessaloniki, 19 novembre 2006.

Très émouvant ma petite rencontre avec Costa-Gavras. Venu présenté en tant que producteur le film Le Colonel avec Olivier Gourmet, le réalisateur de L’Aveu s’est exprimé en grec et le lendemain il faisait la une des journaux en Grêce, car dans son pays natal il est une véritable star. D’une grande distinction, le regard profond et quelque peu sévère, Costa-Gavras est intimidant. Il a réalisé Z l’année de ma naissance, cette simple pensée me laissait rêveur en le regardant… de près. Et puis je n’oublie son principal fait d’arme : Costa-Gavras a voté pour Taxi Driver à Cannes en 1976!

Wim Wenders & Noël Mitrani : enfin réunis

Mardi, novembre 21st, 2006

Noel Mitrani et Wim Wenders

Festival International du Film de Thessaloniki (Grêce), 20 novembre 2006

Echanger quelques mots avec Wim Wenders, j’avoue que ça provoque pas mal de plaisir intérieur. Paris, Texas est l’un de mes 10 films préférés, le choc de mes 20 ans, ma référence en terme de sobriété de la mise en scène. Avec ses longs cheveux qui enjambent sa paire de lunettes démodée, Wenders a l’air d’un ado de 16 ans prêt à entonner du Led Zep, en fait il s’agit d’inverser le nombre 16 pour obtenir son vrai âge!! J’espère que Wenders m’a communiqué suffisamment de son fluide pour qu’un jour je frôle cette grâce qui parcourt ses oeuvres… Oui je sais mes joues sont un peu remplies : la générosité culinaire des organisateurs du festival (2 restaurants de spécialités grecques par jour) a eu raison de ma ligne, temporairement…

Star Wars : ridicule puis génial

Mercredi, novembre 15th, 2006

Tournage de Star Wars

Tournage de Star Wars en Tunisie, été 1976 (le perchman est en slip et George Lucas, consterné, se tient le sommet de la tête avec les mains…)

Après les 118 millions de dollars rapportés par American Graffiti en 1973, George Lucas a le feu vert de la Fox pour entreprendre Star Wars. Dès le premier tour de manivelle, le film tourne au fiasco. George Lucas déclare en 1977 : “L’équipe considérait le film comme un navet stupide tourné par un gosse américain. Personne ne faisait d’efforts pour m’aider. Le calendrier était serré et tout le monde s’en fichait”. Et George Lucas d’avoir la pudeur de ne pas mentionner les blagues humiliantes qui circulaient sur son compte, sur l’imbécilité de l’histoire qu’il était de train filmer, sur l’argent qu’il était en train de dilapider et sur la colonie de monstres plus grotesques les uns que les autres qui peuplaient le plateau de tournage. La morale de cette histoire me plaît bien…


Isabelle Blais en vrai

Samedi, novembre 4th, 2006

Noël Mitrani et Isabelle Blais

Je n’avais pas revu Isabelle depuis cette nuit froide du 22 février dernier, date à laquelle nous avions tourné ensemble l’unique plan du film où elle apparaît. Autant dire qu’en découvrant le film au Festival du Nouveau Cinéma à Montréal, Isabelle ignorait quasiment tout de ce film dont le mode de production avait dû lui sembler si curieux. Je me souviens de l’immense émotion que toute l’équipe du film avait eu ce soir-là, quand sur la montagne qui surplombe Montréal, Isabelle Blais s’est avancée doucement pour embrasser Laurent Lucas. A cet instant du tournage je savais que mon film aurait la charge émotionnelle que je recherchais. Entre le montage et les multiples projections auquelles j’ai assisté ces derniers mois, j’ai tellement vu la représentation cinématographique d’Isabelle que de la voir en vrai m’a vraiment secoué. J’ai mis quelques secondes avant d’atterrir. Plus je revois mon film, plus je me dis qu’Isabelle était l’actrice parfaite pour accomplir cette scène si petite par la durée mais si précieuse par la grâce qu’elle a su y mettre. Je suis heureux de poser à côté d’elle sur cette photo.