Archive for septembre, 2006

Un Award par FedEx

Mercredi, septembre 27th, 2006

Award Toronto

Dix jours après avoir brandi mon super trophée au Hilton de Toronto, qu’ai-je vu arriver ce matin par FedEx, délicatement posé sur les marches de chez moi ? Mon Award à moi, avec cette fois mon nom gravé dessus et tout et tout!! Calibre : 1,4 kilogramme (3 livres) pour environ 20 centimètres de haut (soit 2/3 de pied en langage québécois). Un Award avec son nom à soi gravé dessus, il n’y a pas dire ça jette. Seule précaution : j’ai dû expliquer à mes fils que ce n’est pas un jouet…


Toronto 32 ans plus tard

Dimanche, septembre 24th, 2006

Toronto vu d'avion
Par le hublot de l’avion, je saisis ce moment unique, j’aperçois au loin la ville où je suis né, cette ville que je n’ai pas revu depuis mai 1974. Les choses ont bien changé en 32 ans, à commencer par moi qui suis passé de 4 ans à 36… et Toronto qui est passée de 500.000 habitants à 3 millions.
Noël Mitrani en août 1973
Voilà la tête que j’avais quand j’habitais à Toronto en août 1973. Quand j’ai reçu le prix du meilleur premier film, je me suis dit que la boucle était faite, passé et présent enfin réconcilié.

La Mostra de Venise par l’image

Mercredi, septembre 20th, 2006

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Mostra jour J. Mon rêve est devenu réalité, me voilà au coeur de la planète cinéma. Au fond à droite, on aperçoit le producteur Paolo Bronco, vêtu de sa mythique chemise rose, qui se dirige vers Juliette Binoche, aérienne dans sa tenue dorée. Au premier plan, avec les lunettes mauves on reconnaît Noël Mitrani.
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J’ai pris cette photo de Juliette Binoche depuis la tribune des photographes. L’élément le plus intéressant pour moi se tenait à gauche sur l’image, à savoir une sorte de Gainsbourg notoirement inconnu dont la présence en arrière-plan continue de m’intriguer!
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Les Lancia qui transportaient les stars étaient vraiment design et super classes…
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On fait des rencontres intéressantes sur le site de la Mostra…
Venise plage
Moment de détente après la projection officielle… J’avais oublié mon maillot de bain.

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David Lynch et Laura Dern : une conférence de presse émouvante. La parole de Lynch : j’ai senti quelque chose de biblique.
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Avec Laura Dern. On aurait du mal à dire qu’elle n’était pas heureuse de poser à mes côtés. J’avais l’impression que Nick Cage allait surgir à tout instant pour rejouer Sailor et Lula sous mes yeux.

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Véro (Mitrani), la personne que j’ai le plus photographié dans ma vie.

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Patrick Sordoillet, mon ami d’enfance, on s’est croisé sur la Place Saint-Marc le temps d’un café, il était à Venise pour photographier David Beckham.

Noël Mitrani à la Raï
Mon interview à la Rai, principale chaîne de télévision en Italie. 10 minutes en direct, un moment intéressant pour moi, j’ai découvert que je prenais du plaisir à parler devant des millions de personnes sans avoir le trac. Par contre je sortais de la douche quand j’ai été cueilli pour faire cette émission à laquelle je ne m’attendais pas. Résultat, j’affiche un look grunge contre ma volonté…

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Charlotte Gainsbourg, un jour je tournerai avec elle… Mais déjà de la prendre en photo c’était tripant.
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Je suis épuisé, la Mostra m’a mis sur les rotules. Je n’ai pas arrêté de marcher, courir, parler, stresser, bouger dans tous les sens.

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Avec Véro… La Mostra, les plages de l’Adriatique et les stars, en voyant cette photo je retourne plusieurs mois en arrière, je me souviens de l’hiver québécois, de ce film que je tiens à bout de bras et de Véro qui elle me tient à bout de bras.

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Petit retour à la case départ… Alors ça ceux sont les deux copies 35mm du film qui patientent sur un charriot à l’aéroport de Montréal, direction Venise.

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Le Palais du Cinéma est absoument sublime. Un immense édifice Art Déco où je sais que Fellini et les autres ont défilé. En entrant à l’intérieur pour la première fois, j’ai ouvert la bouche comme un gosse, subjugué. J’ai halluciné de me retrouver ici.

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Denis Parrot, monteur image, mon complice.

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Le pied !

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Les photographes, je n’en ai jamais autant vu de ma vie.

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Pascal Maeder, mister Producteur Exécutif, l’homme sans qui mon film serait resté à l’état de DVD.

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Pascal, Denis et moi, on s’est jeté à l’eau… Pour une fois c’était dans le vrai sens du terme. Au fond, l’hôtel Excelsior, un palace dans lequel j’ai eu le plaisir de dormir. Les draps étaient vraiment très doux, le breakfast gargantuesque et au même étage que moi Harvey Weinstein (le fondateur de Miramax) faisait aussi dodo avec sa girlfriend.

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Bob et Claude (mes parents) sont venus participer à la fête. Quand mon père a découvert les 900 spectateurs dans la salle du PalaLido, il pensait que c’était une erreur. Comment autant de monde pouvait venir voir le film de son fils. Ils ont tout vu mes parents, les deux projections, mon interview à la Raï, mes accolades avec les stars et surtout ils ont bu autant de Rosé que moi.

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La Mostra prend fin, nous venons de récupérer la copie. Demain nous partons pour Toronto…


Meilleur Premier Film Canadien

Lundi, septembre 18th, 2006

Best Canadian First Feature Toronto 2006

Hôtel Hilton de Toronto / Samedi 16 sept. 2006 - 13h06
Sur la trace d’Igor Rizzi de Noël Mitrani /
Best Canadian First Feature - Toronto 2006

Jean-Marc Vallée (le super réalisateur de C.R.A.Z.Y. et membre du jury du festival de Toronto) prononce ces quelques mots en anglais devant un parterre d’environ cinq cents personnes : “It is a rare treat when a new director’s debut embraces the medium with such originality; a truly cinematic meeting of style and substance [in which] dubious characters [are] in an unforgiving landscape consumed by a perversely romantic pursuit, wrapped in unique wit and a compassionate eye.” C’est de moi qu’il parle, de mon film… J’hallucine… Je viens de boire deux coupes de vin blanc pétillant et d’engloutir trois parts de pizza quand j’entends cet hommage sidérant, je fends aussitôt la rangée de photographes pour rejoindre la scène les bras levés en signe de victoire dans un mélange de style entre Nixon et Rocky. Je bredouille des choses sincères en anglais et en français, la salle m’applaudit chaudement, les caméras et les journalistes du monde entier saisissent l’instant, c’est génial.

Sydney Pollack by Night

Dimanche, septembre 17th, 2006

Noël Mitrani & Sydney Pollack

Dernier soir à Toronto. Je sors d’un repas douloureusement arrosé en compagnie d’une ribambelle de réalisateurs invitée au festival. Une brise rafraichissante me porte dans la nuit. Je titube sur Bloor Street, une puissante artère de Toronto, et qui vois-je devant moi, s’échappant d’une foule branchée : Sydney Pollack! Waouh, ça ça jette ! Le réalisateur fétiche de Robert Redford, l’auteur des Trois Jours du Condor et d’Out of Africa là, sous mes yeux. Le bonhomme a dépassé les 72 ans mais on lui donnerait 55, il est massif, noble, évident. Je suis flatté d’échanger quelques banalités avec lui puis un passant consentant se prête au jeu de me prendre en photo avec ce monstre sacré… et voilà, la photo est dans le sac.

Quelques rencontres à Venise

Dimanche, septembre 17th, 2006

Noël Mitrani & Isabelle Carré (more…)

J’ai croisé la route de David Lynch

Dimanche, septembre 10th, 2006

David Lynch & Noël Mitrani

La salle de presse de la Mostra était bondée de monde, la chaleur était pétrifiante, nous étions tous enfermés dans cette fournaise avec une seule pensée : nous allions voir David Lynch. Je tenais bien fort mon accréditation comme pour me rassurer que j’avais bien le droit d’être présent dans ce lieu. En constatant les mines assez peu blasées des happy few qui transpiraient autour de moi, je me disais que décidément le personnage qui allait apparaître était un gros poisson! Mais je me disais surtout qu’enfin je me trouvais au bon endroit au bon moment, moi qui avais tant rêvé de faire du cinéma, voilà qu’on avait inscrit mon nom dans le même festival que l’un des plus grands cinéastes de tous les temps. Et puis David Lynch est entré, doucement, exactement comme je l’imaginais, sobre et mystique. La foule s’est aussitôt emballée, satisfaite de découvrir sa pop star. Le silence est revenu, une première question a fusé, la voix de Lynch a commencé à répondre, mais Lynch lui-même n’était pas là, sublimement absent, courtois mais ailleurs. J’ai adoré ses réponses courtes et évasives, ses mots lents et envoutants. Dès l’instant où j’ai vu surgir cet étrange génie, je n’avais qu’une obsession me-prendre-en-photo-avec-lui. Mais comment faire, la sécurité était sur les dents? Seul moyen, énoncer mon statut de réalisateur aux gens de la sécurité et les prévenir que j’allais me prendre en photo avec Lynch. La vigile en chef, une Italienne d’une grande distinction, m’a donné son accord. J’ai alors réglé mon appareil sur la fonction noir et blanc, 400 asa, diaph 2,8, vitesse 30ème de seconde, et surtout pas de flash vu que j’allais prendre la photo à bout de bras à 50 centimètres de nos visages !! La conférence de presse s’est achevée, un essaim de photographes et de journalistes s’est jeté sur lui, il a signé quelques autographes dans une ambiance de panique puis il a quitté l’estrade… Je l’ai vu alors qui s’avançait vers moi, je lui ai dit que j’étais réalisateur, que mon film était en sélection et que je serais heureux qu’il accepte de poser à mes côtés, le tout dans un anglais affligeant. Il a dit oui, je l’ai enlassé, certain qu’il ne pouvait plus m’échapper, qu’il était à moi. Oui pendant dix secondes le réalisateur d’Elephant Man était à moi.